Politiques de populations et dividende démographique

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Accélérer les progrès socio-économiques tout en préservant l’environnement pour les générations futures est une priorité pour l’Afrique. Cela nécessite d’identifier les contraintes auxquelles le développement du continent a été et est confronté, ainsi que les moyens de favoriser le développement à l’avenir. La question démographique étant une donnée primordiale pour traiter de cette problématique, il est fondamental d’examiner les relations entre dynamiques de population, croissance économique et développement social en Afrique.

Les recommandations au niveau mondial s’attardent d’abord sur les grandes lignes des dynamiques démographiques actuelles, les contraintes qu’elles représentent pour le développement de l’Afrique subsaharienne ensuite les débats relatifs aux politiques de population et de développement dans le contexte africain. Aussi  nous  les relations entre la croissance démographique et le développement, en mettant en évidence la spécificité du Maghreb et le rôle de l’amélioration du capital humain dans les changements démographiques sont font partie des priorités.

Dynamique démographique, développement et politique de population : les grandes lignes de la dynamique démographique actuelle

Le monde compte plus de jeunes que jamais

Les jeunes n’ont jamais été aussi nombreux qu’aujourd’hui – on compte environ 1,8 milliard de personnes âgées de 10 à 24 ans dans le monde – et leur nombre devrait continuer de croître jusqu’en 2070, selon des projections démographiques prudentes.

Alors que de nombreux pays développés voient la part des jeunes dans leur population décroître, les pays les moins avancés ont une population de jeunes importante et en évolution rapide. Aujourd’hui, environ 60 % de la population des pays les moins avancés a moins de 24 ans, et cette part devrait encore augmenter de 60 % d’ici à 2050. Cette croissance, associée à des taux de fécondité en baisse, représente une opportunité unique pour les économies de ces pays.

Le dividende démographique correspond à la croissance économique potentielle liée à l’évolution de la pyramide des âges d’une population, principalement lorsque la proportion de la population active (15 à 64 ans) est supérieure à celle des personnes n’étant pas ou plus en âge de travailler (14 ans et moins, 65 ans et plus). Les gains économiques potentiels peuvent être très importants, si les politiques appropriées sont mises en œuvre et si des investissements conséquents et stratégiques dans le capital humain sont consentis, en particulier au profit des jeunes.

La transition

Pour réaliser un dividende démographique, un pays doit opérer une transition démographique, marquée par le passage de taux de fécondité et de mortalité élevés à des taux de fécondité et de mortalité faibles. En général, la mortalité chute lorsque le taux de survie des enfants augmente, principalement en raison de l’amélioration des normes de santé et d’assainissement. Il s’ensuit en général une baisse du taux de fécondité et, les familles ayant moins d’enfants, elles peuvent dégager des ressources supplémentaires pour investir dans leur bien-être à long terme.

 

Au fil du temps, les enfants nés au début de cette transition intègrent le marché du travail. Lorsque la population active croît plus rapidement que la population qu’elle a à charge, des ressources sont disponibles pour investir dans le développement économique, ce qui présente une opportunité de croissance économique rapide, à condition que les politiques économiques et sociales et les investissements appropriés soient mis en œuvre et réalisés.

Dans les années 1950 et 1960, plusieurs pays d’Asie de l’Est ont beaucoup investi au profit de leur jeunesse et élargi l’accès aux services de planification familiale volontaire, permettant ainsi à leur population de fonder une famille moins tôt et d’avoir moins d’enfants. Au fur et à mesure de la baisse des taux de fécondité, le nombre de personnes à charge a diminué, libérant ainsi des ressources pour créer ou développer des entreprises, construire des infrastructures et réaliser des investissements productifs. La croissance économique qui a résulté de ces évolutions a été sans précédent. Ainsi, la République de Corée a vu son produit intérieur brut par habitant croître d’environ 2 200 % entre 1950 et 2008. Le PIB de la Thaïlande a augmenté de 970 %. Aujourd’hui, des changements démographiques jetant les bases d’un dividende démographique, selon les chiffres de l’État de la population mondiale 2014, ont lieu dans une soixantaine de pays. Si les pays d’Afrique subsaharienne parviennent à suivre un parcours similaire à celui des pays d’Asie de l’Est, ils pourraient réaliser un dividende démographique d’un montant potentiel de 500 milliards de dollars sur une période de 30 ans.

Prendre les mesures appropriées

Pour tirer pleinement profit d’un dividende démographique, les pays dont les taux de fécondité sont en baisse doivent mettre en œuvre des mesures spécifiques pour donner les moyens aux jeunes de réaliser leur potentiel. Ils doivent notamment veiller à ce que des opportunités d’emplois décents existent, investir dans l’éducation et garantir l’accès à une alimentation et à des soins de santé appropriés, y compris un accès libre universel à des soins de santé sexuelle et reproductive.

En effet, la santé sexuelle et reproductive joue un rôle essentiel pour profiter pleinement du dividende démographique. Si les femmes sont en mesure de décider du nombre d’enfants qu’elles souhaitent avoir et d’espacer leurs naissances, les taux de fécondité tendent à diminuer. La prestation de soins de santé sexuelle et reproductive permet également de réduire le nombre de maladies et de dommages corporels, permettant à la population de contribuer davantage à l’économie. En outre, les femmes ayant accès à ces services sont davantage susceptibles de continuer à être actives, ce qui améliore la situation financière de leurs familles et de leurs communautés.

Les perspectives de réalisation du dividende

Compte tenu de l’explosion de la proportion de jeune dans leurs populations, les pays les moins avancés ont de grandes chances de réaliser un dividende démographique. Ces pays sont aussi ceux qui auront le plus de difficultés pour y parvenir.

À l’horizon 2050, la population des pays les moins avancés aura doublé, ce qui correspond à l’entrée de 14 millions de jeunes supplémentaires sur le marché du travail chaque année. Garantir à cette population des conditions de vie décentes représente un défi colossal, d’autant plus qu’environ 80 % de la population active de ces pays est aujourd’hui au chômage, sous-employée ou employée irrégulièrement. En outre, les ressources financières limitées dont ils disposent restreignent la possibilité pour ces pays de maintenir, sans parler d’augmenter, le niveau des dépenses consacrées à la santé, à l’éducation et à la nutrition. Car le fossé est grand entre les espoirs que ces pays placent dans leur jeunesse et les opportunités qu’ils lui offrent. En réalité, un grand nombre de jeunes ne sont pas en mesure de terminer leurs études ou de trouver un emploi productif et rémunérateur. Les pays doivent reconnaître et cultiver le potentiel des jeunes, qui représente la ressource la plus importante dont un pays puisse disposer.

Que fait l’UNFPA ?

Dans la région du Sahel, la Banque mondiale et l’UNFPA ont uni leurs forces pour aider les pays à tirer les bénéfices de leur dividende démographique. L’UNFPA intervient également auprès des décideurs politiques afin de les encourager à accroître les investissements au profit de la jeunesse. Enfin, l’UNFPA s’attache à éliminer les obstacles à l’autonomisation économique et sociale des jeunes, en particulier des adolescentes, qui sont trop souvent victimes de discriminations et d’inégalités à tous les niveaux. Prévenir le mariage d’enfants, prolonger la scolarité des filles et veiller à ce qu’elles aient accès à des soins de santé sexuelle et reproductive sont autant d’actions qui peuvent radicalement améliorer l’existence des adolescentes et celles de leurs familles et communautérs.

Réduire les inégalités

Selon le nouveau rapport de l’UNFPA, si l’on ne prend aucune mesure pour réduire les inégalités et que l’on ne parvient pas à protéger les droits des femmes les plus pauvres, le monde pourrait faire face à des troubles, la paix pourrait être compromise et les objectifs mondiaux de développement risquent de ne pas être atteints.

  • Seulement environ la moitié des femmes dans le monde ont un emploi rémunéré
  • À l’échelle mondiale, les femmes gagnent 77 % du salaire des hommes
  • Trois femmes sur cinq dans le monde ne bénéficient pas de congé de maternité, et un grand nombre d’entre elles subissent une « pénalisation de la maternité »

NATIONS UNIES, New York–Selon le rapport État de la population mondiale 2017 publié aujourd’hui par l’UNFPA, le Fonds des Nations Unies pour la population, si l’on ne remédie pas d’urgence aux inégalités et que les femmes les plus pauvres ne sont pas en mesure de décider par elles-mêmes de leur vie, les pays risquent de faire face à des troubles, de voir leur paix menacée et de ne pas parvenir à atteindre leurs objectifs de développement. L’absence d’accès des femmes les plus pauvres aux services de santé reproductive, y compris à la planification familiale, peut affaiblir les économies et mettre en péril les progrès accomplis vers l’atteinte de l’objectif de développement durable 1, à savoir éliminer la pauvreté.

Les disparités économiques renforcent d’autres inégalités, lesquelles les renforcent à leur tour. Parmi celles-ci figurent les inégalités en matière de santé des femmes ; en effet, seule une minorité de femmes privilégiées sont en mesure de contrôler leur fertilité et, en conséquence, d’acquérir des compétences, d’entrer sur le marché du travail et d’accroître leur pouvoir économique.

« Les inégalités au sein des pays aujourd’hui ne sauraient être réduites à une ligne séparant les riches des pauvres », explique le Dr Natalia Kanem, Directrice exécutive de l’UNFPA. « De plus en plus, il s’agit de l’écart entre les personnes qui peuvent et celles qui ne peuvent pas. Les femmes pauvres qui ne sont pas en mesure de décider elles-mêmes du nombre d’enfants qu’elles auront ou qui sont en mauvaise santé en raison de soins insuffisants en matière de santé reproductive forment la majorité des personnes qui ne peuvent pas. »

 

Dans la plupart des pays en développement, les femmes les plus démunies sont aussi celles qui ont le moins d’options en matière de planification familiale, qui disposent de l’accès le plus limité à des soins prénatals, et qui sont le plus susceptibles d’accoucher sans l’aide d’un médecin ou d’une sage-femme.

Chaque année, dans les pays en développement, le manque d’accès à des services de planification familiale entraîne 89 millions de naissances non planifiées et 48 millions d’avortements. Selon le rapport, non seulement cette situation met la santé des femmes en péril, mais elle limite également leur capacité à entrer sur le marché du travail ou à y rester, et à devenir indépendantes financièrement.

En outre, sans accès à des services associés, comme des services abordables de garde d’enfants, les femmes ne sont pas en mesure de trouver un emploi en dehors du foyer. Quant aux femmes qui travaillent, elles subissent une pénalisation de la maternité en raison de l’absence de congés de maternité payés et de la discrimination des employeurs à l’égard de celles qui tombent enceintes, ce qui contraint de nombreuses femmes à choisir entre leur carrière et avoir des enfants.

« Pour remédier aux inégalités économiques, les pays doivent commencer par s’attaquer aux autres inégalités, notamment en matière de santé et de droits reproductifs, et éliminer les obstacles sociaux et institutionnels, entre autres, qui empêchent les femmes de s’épanouir pleinement », souligne le Dr Kanem.

Pour concrétiser le modèle des Nations Unies qui entend parvenir au développement durable et à des sociétés inclusives d’ici à 2030, le rapport de l’UNFPA préconise d’accorder la priorité aux plus défavorisés. Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 « aspire à un avenir meilleur. Un avenir où nous abattons les obstacles et éliminons les disparités, ensemble », affirme le rapport. « La réduction de toutes les inégalités doit être l’objectif. Ainsi, certaines des contributions les plus efficaces peuvent naître de la concrétisation (…) des droits reproductifs des femmes ».

À propos du Fonds des Nations Unies pour la population

L’UNFPA est le principal organisme des Nations Unies à œuvrer afin de réaliser un monde où chaque grossesse est désirée, chaque accouchement est sans danger et le potentiel de chaque jeune est accompli. L’UNFPA vient en aide à des millions de femmes et de jeunes dans 155 pays et territoires.

Bakary OuattaraSynthèse d’articles en ligne 

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